RGPD et prospection B2B : ce que vous avez le droit de faire
Le RGPD n'interdit pas la prospection B2B : il l'encadre. Un email ou un téléphone professionnels sont des données personnelles, mais les contacter dans un cadre pertinent reste possible sous certaines conditions. Ce guide clarifie ce que vous avez le droit de faire, sans jargon. Il ne constitue pas un avis juridique : en cas de doute, consultez un professionnel du droit.
Les règles à respecter en prospection B2B
1. Identifier votre base légale
Tout traitement de données personnelles doit reposer sur une base légale. En prospection B2B, la plus courante est l'intérêt légitime : contacter un professionnel sur un sujet lié à sa fonction. Elle n'exige pas de consentement explicite préalable, contrairement au B2C, mais impose une mise en balance avec les droits des personnes.
2. Rester pertinent
L'intérêt légitime suppose que le message concerne réellement le rôle de la personne. Envoyer une offre RH à un DAF, ou un message générique de masse, fragilise cette base. Un ciblage précis (le bon interlocuteur, le bon sujet) n'est pas qu'une question d'efficacité : c'est une exigence de conformité.
3. Informer et permettre l'opposition
La personne doit pouvoir savoir qui la contacte, pourquoi, et s'opposer facilement au traitement. Chaque email doit inclure un moyen de désinscription clair, respecté immédiatement. Tenir à jour une liste d'exclusion est à la fois une obligation et une bonne pratique de délivrabilité.
4. Limiter les données collectées
Ne collectez que les données nécessaires à votre finalité : nom, fonction, coordonnées professionnelles. Le principe de minimisation exclut d'accumuler des informations sans usage. Des sources traçables facilitent la justification en cas de contrôle.
5. Respecter les canaux réglementés
Le téléphone a ses règles propres : en B2C, la liste Bloctel s'impose. En B2B, les règles sont plus souples, mais distinguer numéros professionnels et personnels reste essentiel. Adaptez toujours la pratique au canal (email, téléphone, SMS).
Ce que le RGPD ne dit pas
Contrairement à une idée reçue, le RGPD n'interdit pas d'enrichir ou d'utiliser des coordonnées professionnelles. Il impose un cadre : base légale, pertinence, transparence, droit d'opposition, minimisation, traçabilité. Une prospection ciblée et respectueuse coche naturellement ces cases — et se trouve être aussi la plus efficace.
Ressources
Questions fréquentes
Faut-il le consentement pour envoyer un cold email en B2B ?
Pas nécessairement : l'intérêt légitime peut suffire si le message est pertinent au regard de la fonction du destinataire et qu'un droit d'opposition simple est offert. Le B2C, lui, exige généralement un consentement préalable.
Peut-on acheter ou enrichir une base de contacts B2B ?
Oui, sous réserve de respecter les principes du RGPD : finalité déterminée, pertinence, information des personnes, droit d'opposition, et sources traçables. La provenance des données doit pouvoir être justifiée.
Que doit contenir un cold email conforme ?
L'identité de l'expéditeur, l'objet du message, et un moyen clair et immédiat de se désinscrire. Le message doit être pertinent au regard du rôle du destinataire.
Combien de temps peut-on conserver les données ?
Le temps nécessaire à la finalité poursuivie. Les données d'un prospect qui s'est opposé ou qui ne répond plus doivent être purgées ou anonymisées selon votre politique de conservation.